L’avenir immédiat de la Guinée-Bissau dépendra de sa gouvernance.

Comment tourner définitivement la page des crises et des conflits et mobiliser tous les enfants du pays derrière un projet commun et mobilisateur ? Comment réconcilier les citoyens avec leurs dirigeants, avec leur armée, avec leur administration ? Comment bâtir la confiance entre le pays et ses partenaires internationaux ? Comment bâtir une administration efficace, une administration véritablement au service du citoyen ? Ce chapitre répond à ces questions et définie les fondements de la nouvelle gouvernance qui doit porter l’ambition Guinée Bissau 2025.

La Guinée-Bissau doit normaliser et stabiliser sa Gouvernance pour consolider la paix, favoriser la croissance économique, et réduire la dépendance de l’aide extérieure.

Le rétablissement récent de l’ordre constitutionnel représente une opportunité majeure pour instaurer un cadre de bonne gouvernance et sortir durablement le pays de sa situation de fragilité. Les crises politiques et militaires récurrentes qui ont affecté la Guinée-Bissau depuis son indépendance résultent principalement d’une gouvernance faible et d’un non-respect des principes d’un Etat de droit. L’Etat bissau-guinéen doit regagner la confiance de sa population, en particulier des groupes les plus vulnérables, de sa diaspora, ainsi que des partenaires au développement et investisseurs nationaux et internationaux. L’amélioration de la gouvernance permettra à la Guinée-Bissau de valoriser durablement ses potentialités naturelles et économiques et de réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis de l’aide publique au développement. En 2014, près 90% du programme d’Investissement était encore financé par l’aide extérieure.

Les capacités de gestion des finances publiques sont réduites limitant l’efficacité de l’Administration.

L’Administration de la Guinée-Bissau se caractérise par des capacités financières, humaines et institutionnelles limitées. Les ressources internes sont insuffisantes pour financer l’investissement public, du fait d’un taux de pression fiscale de 8%, inférieur au seuil du critère de convergence de l’UEMOA (17%). L’administration publique souffre d’un déficit de ressources humaines qualifiées. L’absence d’un système de gestion des emplois et carrières représente un frein à l’évolution vers une véritable administration de développement. La masse salariale de la fonction publique pèse sur les finances de l’Etat: elle représentait plus des deux tiers des recettes publiques en 2013, un niveau largement supérieur à la norme de l’UEMOA (35%). Par conséquent, les services aux usagers de l’administration sont à la fois insuffisants et de faible qualité. Les structures décentralisées et déconcentrées sur le territoire sont peu opérationnelles. Le suivi-évaluation des politiques publiques est limité par une capacité très réduite du système national de statistiques.

Cinq domaines d’actions pour mettre en place une gouvernance au service du citoyen et du développement local.

L’objectif du Gouvernement est de bâtir, en collaboration avec la société civile et les partenaires au développement, des institutions fortes et crédibles, garantes de la paix sociale, de la cohésion nationale, de la justice, ainsi que d’une gouvernance démocratique et responsable fondée sur les principes du développement durable. Le Gouvernement poursuivra dans ce cadre cinq objectifs majeurs : (i) réformer et moderniser l’administration publique, (ii) assurer une bonne gestion de la sécurité et de la défense, (iii) réformer le système judiciaire et bâtir un Etat de droit, (iv) améliorer la gestion macroéconomique et réformer la gestion des finances publiques, et (v) promouvoir développement local, la décentralisation et la participation citoyenne.