Pour se développer pleinement, les moteurs de croissance ont besoin que des fondements de compétitivité soient en place. Ainsi, la pêche ne peut se développer sans une gestion durable des ressources halieutiques, garantissant le renouvellement de l’espèce. Cinq fondements ont ainsi été identifiés, qui constituent les cinq autres axes stratégiques : la Paix et la Gouvernance, la Biodiversité et le capital naturel, les infrastructures et le développement urbain, le développement humain et le cadre des affaires.

L’axe Paix et Gouvernance représente la toute première priorité. Sans paix et sans une bonne gouvernance, la confiance interne et externe ne peut être rétablie, et rien de durable ne pourra être initié. La Paix et la gouvernance sont le point de départ de l’établissement du cercle vertueux dont la Guinée-Bissau a besoin. Il s’agit non seulement d’établir durablement des institutions authentiquement républicaines, notamment les Forces Armées, mais aussi, de doter l’Administration de capacités pour conduire la transformation en profondeur du pays. Ce Fondement s’articule autour de 5 domaines d’actions : (i) la réforme et modernisation de l'administration, (ii) la Paix, la Défense et la Sécurité, avec une série de projets visant notamment la réforme des Forces Armées et la réinsertion des militaires, (iii) la Justice, (iv) la gestion macroéconomique et la réforme de la gestion des finances publiques la Gestion des Finances Publiques, et (v) la promotion du développement local, de la décentralisation et de la participation citoyenne. Le renforcement de la gouvernance, au-delà de la sécurité et de la stabilité sociale visées, doit permettre de bâtir une administration moderne, assumant ses missions de pilo-tage et de régulation et entièrement orientée vers la satisfaction de ses usagers. Elle doit aussi se traduire par un alignement de la gestion macroéconomique sur les meilleures pratiques afin de promouvoir une croissance forte, durable et résiliente. Dans ce cadre, la Guinée-Bissau améliorera ses capacités de mobilisation de ressources financières, tout en maitrisant la dette publique. Les programmes viseront notamment à : (i) renforcer les outils de planification, de programmation et de pilotage des politiques publiques, (ii) renforcer les compétences et les moyens de l’Etat dans la collecte des ressources fiscales, (iii) assurer une exécution transparente et efficace des dépenses publiques.

L’axe Biodiversité et Capital Naturel a pour objectif de préserver et valoriser durablement les ressources naturelles du pays. Cet axe définit les règles qui régulent les activités humaines de sorte à limiter les pressions anthropiques sur l’environnement et à augmenter la résilience du territoire face aux aléas climatiques. Il s’articule autour de deux principaux domaines d’actions : i) le développement institutionnel qui vise notamment à instaurer un cadre règlementaire et institutionnel de référence et à doter la Guinée-Bissau d’un corpus juridique, d’un modèle de gouvernance et de financements innovants qui lui confèrent le statut de pays africain à l’avant-garde mondiale en matière de développement durable, ii) la gestion durable des écosystèmes qui implique de connaître ces écosystèmes et la biodiversité pour mieux sauvegarder les ressources vulnérables, qui, de mettre en œuvre la Stratégie Nationale des Aires Protégées pour valoriser ces zones qui passeront de 13% à 26% du territoire dans les prochaines années, de favoriser la préservation des écosystèmes sur l’ensemble du territoire en veillant à respecter les équilibres biologiques et enfin de mettre en place un Plan Climat augmentant la résilience du territoire national au changement climatique. Après le Bangladesh, la Guinée-Bissau est le 2ème pays au monde le plus exposé aux effets du dérèglement climatique. Un plan de protection du littoral et un plan d’adaptation et de mitigation seront mis en œuvre pour répondre aux risques auxquels font face les hommes et le territoire.

L’axe Infrastructures et Développement Urbain vise à doter le pays des infrastructures logistiques, énergétiques, numériques et urbaines nécessaires à son développement. La Guinée-Bissau souffre aujourd’hui d’un profond déficit d’infrastructures. Pour assurer la mise à niveau requise, ce fondement s’articule autour de4 domaines d’actions : i) les transports, où les goulots d’étranglement seront levés (réhabilitation du port et de la voirie urbaine de Bissau, voies terrestres prioritaires, voies fluviomaritimes de navigation,) ii)l’énergie et l’eau, où il s’agit d’opérer un revirement majeur en développant 90 MW d’ici 2020 et en améliorant de façon significative l’accès à l’eau potable et à l’assainissement; iii) le numérique, afin de faire du numérique un vrai levier de croissance pour l’ensemble de l’économie; iv) l’aménagement du territoire et le développement urbain, dont l’objectif immédiat est de rénover et construire les principaux centres urbains de manière à les doter d’infrastructures et de systèmes fonc-tionnels et à les instituer comme épicentres de l’activité économique. Dans ce cadre, le développement de l’archipel Bolama-Bijagos et des cinq principaux centres urbains seront une priorité.

L’axe « Développement Humain » vise à valoriser le potentiel de la population bissau-guinéenne, en assurant la satisfaction de ses besoins fondamentaux, en mettant en place un filet social de sécurité et en développant ses compétences, sa productivité et son employabilité. Il se décline en 4 domaines d’action : i) l’Education et l’emploi où, parallèlement aux projets en cours, un schéma directeur de l’Education 2015-2025 permettra de décliner un plan opérationnel de réformes et d’investissements aligné à la stratégie 2025, tandis qu’un Office National de l’Emploi va renforcer l’action publique dans ce secteur critique de l’emploi; ii) la Santé, où un plan directeur sera élaboré et un système performant de pilotage et de monitoring mis en place, de même que des projets relatifs aux infrastructures, aux médicaments et aux grandes endémies ; iii) la protection sociale, pour une réduction à grande échelle de la pauvreté, à travers la création, aussi bien d’un filet de sécurité que de véritables opportunités d’autonomisation pour les plus démunis ; (iv) la Culture, la Jeunesse et les Sports, qui seront notamment porteurs d’un grand renouveau culturel. Un plan national de développement social sera mis en place, avec d’une part un volet Protection sociale sur le mode « Bolsa Familia » au Brésil, et d’autre part un volet Autonomisation qui appuiera les populations bissau-guinéennes les plus démunies (“la base de la pyramide”) par la création d’un écosystème de projets innovants et entrepreneuriaux, dans des domaines tels que l’éducation, l’accès à l’assainissement, l’eau, l’énergie ou l’habitat.

L’axe «Simplification du cadre des affaires et Développement du secteur privé» vise à mettre en place un environnement incitatif pour le secteur privé. Il s’agira de créer les conditions favorables pour l’épanouissement du secteur privé, essentiel au développement des investissements et au déploiement des moteurs de croissance. La simplification du cadre des affaires s’articule autour de 3 programmes: (i) l’élaboration d'un cadre juridique national incitatif et cohérent, (ii) la réforme du cadre des affaires, et (iii) la mise en place de plateformes économiques intégrées, dont la création d’une Zone Economique Spéciale multisectorielle à Bissau.